lundi 24 septembre 2018
par  PY

STAGIAIRES ≠ MOUTONS

Informations pratiques pour les stagiaires de l’académlie de Grenoble


Ce n’est pas parce que vous êtes stagiaire que vous devez tout accepter !
Si vous rencontrez des difficultés au cours de votre stage, n’hésitez pas à nous contacter pour que nous puissions vous aider à faire valoir vos droits.

Contact spécifique pour les EFS : contactefs@sudeducationgrenoble.org

POUR VOUS TENIR AU COURANT DES LUTTES ET DE L’ACTUALITÉ SYNDICALE :
www.sudeducationgrenoble.org
https://solidaires-isere.fr/

REPÈRES POUR L’ANNÉE DE STAGE

L’année de stagiaire est souvent intense en émotions et lourde en charge de travail. Au cours de l’année, si vous êtes professeur-e des écoles, vous recevrez des visites de tuteurs-trices de l’ESPE ainsi que de
maîtres-ses formateurs-trices (PEMF) chargé-es de vous accompagner. Vous pouvez également recevoir des visites de conseiller-es pédagogiques de circonscription (CPC).

Si vous êtes professeur-e dans le secondaire, vous recevrez votre tuteur-trice et vous pourrez être inspecté-e. Cela fait pas mal de stress à gérer, surtout si vous tombez sur des personnes qui manquent gravement de bienveillance. À la fin de l’année, vous serez évalué-e par un jury de titularisation qui tient compte de l’avis de l’inspecteur-trice, du directeur de l’ESPE ainsi que du/de la chef-fe d’établissement dans le 2nd degré.

Dans tous les cas, ne restez pas seul-e ! Ce n’est pas parce que vous êtes stagiaire que vous devez tout accepter !

LE LYCÉE A LA CARTE, GÉNÉRATEUR D’INÉGALITÉS

Le ministère a annoncé une réforme du lycée qui met fin aux filières. Les élèves pourront choisir trois disciplines de spécialité (4h par semaine), réduites à deux lors du passage en terminale (6h chacune). Ces choix seront déterminants pour l’accès aux études supérieures : l’élève devient l’auto-entrepreneur-euse de sa scolarité, rendu-e toujours plus responsable, seul-e, de ses choix, de ses « réussites » ou de ses « échecs ». Les inégalités entre les lycées seront creusées par des offres de formation spécifiques. La réforme du bac renforcera encore ces inégalités : en augmentant la part de contrôle continu, le diplôme n’aura pas la même valeur en fonction du lycée.

DERRIÈRE LA COMMUNICATION, UNE NOUVELLE ATTAQUE CONTRE LES LYCÉES PRO

Le ministre de l’éducation nationale a présenté au printemps sa réforme de l’enseignement professionnel. A travers la propagande gouvernementale, c’est la casse des qualifications et des métiers pour les élèves qui est organisée. Blanquer annonce une filière d’excellence sans moyens supplémentaires. Pire, le gouvernement réalise des économies sur le dos des élèves, en supprimant l’équivalent de 7000 postes grâce au tour de passe passe de la baisse des horaires disciplinaires d’environ 10%. La réduction des filières, au profit de secondes « multimétiers », est encore une attaque en règle contre la professionnalisation des métiers. On en a déjà vu le résultat avec la mise en place du Bac Pro Gestion Administration : non merci.

Contre la sélection sociale et l’adaptation de l’éducation aux besoins du patronat, nous défendons une école égalitaire et émancipatrice, qui permette une éducation intégrale pour toutes et tous.

DANS LE PREMIER DEGRÉ, UNE MISE AU PAS PÉDAGOGIQUE DES ENSEIGNANT-E-S

Contrairement aux annonces sur la priorité au premier degré, les écoles n’ont pas obtenu de moyens supplémentaires, même pour faire face à la création de CP à 12 dans les REP+ (redéploiement des maîtres “Plus de maîtres-se-s que de classe”). Pour masquer ses insuffisances, le ministre allume des contre-feux en attaquant certaines méthodes pédagogiques qui seraient la cause de tous les maux de l’école et en publiant quatre circulaires sur la lecture et le calcul, destinées à mettre au pas la liberté pédagogique des enseignant-e-s. Par exemple, en soutenant la méthode syllabique au détriment de la méthode globale, Blanquer ne fait que flatter les penchants des plus réactionnaires. SUD éducation combat cette mise au pas pédagogique des enseignant-e-s, et continue à promouvoir les pédagogies coopératives, pour une école égalitaire et émancipatrice

CASSE DU SERVICE PUBLIC D’ORIENTATION

Avec le plan “ Action publique 2022 ”, le gouvernement veut dynamiter la Fonction Publique : plan de départs volontaires, suppressions de postes, recours accru aux contractuel-le-s, gel des salaires, rémunération au mérite, remise en cause du statut et du régime de retraite, amoindrissement des dispositifs de santé et de sécurité au travail (fusion prévue des CT et CHSCT).... Le gouvernement envisage de vider les commissions administratives paritaires de leurs prérogatives, notamment en ce qui concerne les mutations pour les confier aux “ managers publics ”, avec le recrutement par les chefs d’établissement, comme le préconise le ministre Blanquer à qui veut l’entendre ! Malgré ses limites, le paritarisme reste un gage de transparence dans l’accès aux droits (mutation, temps partiel, formation, avancement). Les annonces sur la formation des enseignant-e-s, remettant en cause le recrutement par concours, ne sont pas faites pour nous rassurer. En parallèle, le gouvernement annonce un vaste plan de contractualisation : alors qu’un personnel sur quatre est déjà contractuel dans l’éducation nationale, la volonté de casser le statut et de généraliser la précarité est évidente.
L’individualisation des parcours professionnels est déjà bien amorcée avec la mise en place du PPCR que SUD éducation dénonce depuis 2016. Ce plan soutenu par la FSU, l’UNSA, la CFDT, conduit à une aggravation de l’arbitraire dans les promotions (notamment pour la hors-classe et la classe exceptionnelle) et à une augmentation des écarts salariaux.
Sous le doux nom d’Action publique 2022 il s’agit d’une nouvelle politique d’individualisation des parcours et de dynamitage de la Fonction publique.
Refusons cette vision libérale et réactionnaire de l’école !

REPENSER LA FORMATION

Ces dernières années, les conditions déplorables dans lesquelles les stagiaires ont été accueilli-e-s ont conduit beaucoup trop d’entre eux/elles à démissionner. Certain-e-s accablé-e-s par la surcharge de travail, d’autres envahi-e-s par le sentiment d’inutilité ou mis-e-s sous pression par des chef-fes sadiques…

La formation dispensée dans les Espe reste généralement infantilisante. Les stagiaires se voient imposer de multiples contraintes et, même titulaires du concours, ils et elles doivent se plier à un cadre très scolaire et à des évaluations répétées.

C’est une formation fondée sur l’innovation pédagogique et sur des pratiques émancipatrices qu’il nous faut, pas un formatage au blabla du ministère : si les conseils prodigués et les méthodes pédagogiques qu’on vous demandera d’appliquer peuvent parfois être intéressants, d’autres courants pédagogiques sont totalement passés sous silence par l’institution.

La fédération des syndicats Sud éducation revendique une remise à plat complète de la formation des enseignant-es avec :
• une formation de deux ans rémunérée dans des instituts dédiés avec une alternance de stages d’observation et de stages pratiques
• une harmonisation et une transparence dans la titularisation des stagiaires ;
• une entrée progressive dans le métier pendant les premières années de titulaire.

DÉFENDRE SES DROITS !

Plus encore que les autres personnels de l’Éducation nationale, les stagiaires sont confronté-es à l’aggravation des conditions de travail et aux pressions hiérarchiques. L’année de stage est certainement l’année durant laquelle les enseignant-es subissent le plus l’arbitraire des chef-fes car ils et elles sont évalué-es de manière infantilisante et très peu formatrice. Selon nous, il ne peut pas y avoir de réel échange pédagogique en dehors du cadre collectif et égalitaire d’une équipe.

A la diminution du salaire liée à la dernière réforme de la formation des enseignant-es s’ajoutent des conditions de stage parfois catastrophiques. Et dès leur première année de service, les stagiaires doivent se débrouiller avec le manque de moyens.

Sud éducation revendique une augmenta-tion des salaires et la mise en œuvre de moyens suffisants pour permettre une affec-tation des stagiaires dans les meilleures conditions, c’est-à-dire sur des postes adap-tés avec un vrai accompagnement et une formation préalable rémunérée.

Administrativement votre carrière ne débute qu’au 1 er septembre 2017. C’est à partir de ce moment que votre traitement (votre salaire) vous sera versé. C’est cela qui explique que vous soyez uniquement « invité » à participer à la semaine de prérentrée… Cette situation peut sembler anecdotique. Pourtant, elle permet au ministère de réaliser des milliers d’euros d’économie sur le dos des stagiaires alors même que vous n’avez aucun intérêt à rater ces journées de formation. C’est en tous cas le début de l’apprentissage d’une pratique récurrente dans l’EN : le travail gratuit !

VOS DROITS

• participer à des stages de formation syndicale jusqu’à 12 jours par an sur temps de travail : contactez-nous pour connaître les formations que nous organisons ;
• participer aux heures mensuelles d’information syndicale (HMI) sur temps de service dans le 2nd degré ou aux réunions d’information syndicale (RIS) dans le 1er degré (dont la durée peut être décomptée des animations pédagogiques) : contactez-nous pour connaître les réunions que nous organisons ou pour que nous venions intervenir dans votre établissement
• utiliser votre liberté d’opinion et votre liberté d’expression tant que vous respectez votre obligation de neutralité vis-à-vis des élèves : contactez-nous si on cherche à vous imposer un « devoir de réserve » qui n’existe dans aucun texte
faire grève pour défendre vos droits et améliorer vos conditions de travail ;

UN SYNDICAT, C’EST QUOI ?

A la base, un syndicat est un regroupement de travailleurs et travailleuses qui se rassemblent pour défendre leurs intérêts matériels (pour l’amélioration des conditions de travail, la hausse des salaires, la baisse du temps de travail, etc.) et leurs intérêts « moraux » (contre les discriminations, les humiliations, le harcèlement, etc.) face à un employeur.

Il y a deux types de syndicats :
• les syndicats qui essaient d’améliorer le système en lien avec les employeurs et qui mettent en avant leur sens des responsabilités ;
• les syndicats qui s’opposent au système et qui pensent que c’est en luttant qu’on peut défendre ses droits et en conquérir de nouveaux.

ET ?

• Un syndicat solidaire
Dans le public comme dans le privé, nos revendications se rejoignent et nos luttes doivent converger. C’est pourquoi nous faisons partie de l’Union syndicale Solidaires, qui regroupe les syndicats Sud et d’autres syndicats de différents secteurs.

• Un syndicat intercatégoriel
Nous sommes un syndicat intercatégoriel : un seul syndicat pour tous les personnels de l’Éducation nationale, tous métiers confondus, de la maternelle à l’université.

• Un syndicat démocratique
Nos assemblées générales d’adhérent-e-s prennent les décisions. Nous pratiquons la rotation des responsabilités et à Sud, il n’y a pas de chef-fe. Les collègues qui, pour une durée limitée, ont des heures de décharge syndicale, travaillent toujours au moins à mi-temps. Avec Sud, pas de bureaucratie, vos élu-e-s et représentant-e-s partagent votre quotidien professionnel. Nous défendons la conduite des mouvements de grèves par les personnels mobilisés et mettons nos moyens au service des luttes.

• Un syndicat de lutte
Sud éducation refuse le clientélisme et la cogestion. Nous refusons de cautionner les régressions sociales en négociant à la marge les contre-réformes comme la loi travail ou les ordonnances Macron.

• Un syndicat de transformation sociale
Sud éducation lutte pour les revendications immédiates des personnels mais aussi pour une rupture avec ce système qui vit de l’inégalité et de la précarité : pour une autre école, une autre société. L’école et la société sont profondément injustes, elles ont besoin de transformations majeures. Pour être efficace, notre syndicalisme ne s’arrête donc pas à la porte des lieux de travail.

• Permanences et contacts
Voir sur le site académique et le contact spécifique pour les EFS : contactefs@sudeducationgrenoble.org

POUR VOUS TENIR AU COURANT DES LUTTES ET DE L’ACTUALITÉ SYNDICALE :

www.sudeducationgrenoble.org
https://solidaires-isere.fr/

LES TEXTES DE RÉFÉRENCE

Droits et obligations des fonctionnaires
• Loi n°83-634 du 13 juillet 1983
• Circulaire n°2013-019 du 4 février 2013

Cadre national de la formation à l’Espe
• Arrêté du 27 août 2013

Recrutement et formation initiale
• Décret n°2013-768 du 23 août 2013

Modalités de stage, d’évaluation et de titularisation
• Arrêté du 22 août 2014 pour les profs des écoles
• Arrêté du 22 août 2014 pour les personnels du 2nd degré

Modalité d’organisation de l’année de stage
• Circulaire n°2014-080 du 17 juin 2014
• Circulaire n°2015-104 du 30 juin 2015

Statut des personnels
• Décret n°90-680 pour les professeur-e-s des écoles
• Décret n°72-580 pour les agrégé-e-s
• Décret n°72-581 pour les certifié- e-s
• Décret n°92 -18 189 pour les PLP
• Décret n°60-403 pour les professeur-e-s d’EPS
• Décret n°70-738 pour les CPE

Missions et obligations de service
• Décret n°2008-775 pour les professeur-e-s des écoles
• Décret n°2014-940 pour les profs du second degré
• Circulaire n°2015-057 pour les profs du second degré
• Décret n°92 -18 189 pour les PLP
• Décret n°60-403 pour les professeur-e-s d’EPS
• Décret n°70-738 pour les CPE


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