ÉCOLE DU SOCLE...

L’instauration au pas de charge !
lundi 11 mars 2019
par  PY

L’Assemblée nationale a adopté le 15 février en 1ère lecture de la « loi Blanquer » la possibilité de création d’« établissements publics des savoirs fondamentaux » (EPSF). Tout cela par le biais d’un amendement parle-mentaire accepté par le ministère, ce qui permet de passer outre toute consultation préalable. Ce texte qui va modifier profondément l’organisation de l’école a été adopté dans une assemblée vide par seulement 35 députés contre 7.

Les EPSF permettront aux collectivités territoriales de regrouper les classes d’un collège et d’une ou plusieurs écoles situées dans le « même bassin de vie » sans que les Conseils d’École et les Conseil d’Administration des collèges ne soient consultés. Après les regroupements d’écoles, il s’agit d’une étape de plus vers la fermeture de 2000 écoles rurales. C’est la fin des écoles à taille humaine au profit de structures aseptisées et caporalisées.

Des écoles pilotées et soumises aux objectifs du collège

Le/la principal.e de collège sera seul.e chef.fe de ces EPSF. Il/elle aura sous leur ordre un.e directeur.rice adjoint.e (choisi.e par la DASEN) chargé.e d’assurer la coordination du premier et du second degré. « L’établissement public des savoirs fondamentaux est dirigé par un chef d’établissement […]. Un directeur-adjoint exerce, sous son autorité, les compétences attribuées au directeur d’école par l’article L. 411-1 » (l’article L 411-1 du code de l’éducation est celui qui définit actuellement les tâches du directeur d’école).
Cette volonté d’ajouter toujours plus de contrôle montre bien ce que le ministre entend par « confiance ». La hiérarchie qu’il compte instaurer nuira aux conditions de travail et ne répondra en rien aux besoins des personnels et des élèves.
Les conseils d’école disparaîtront et le conseil d’administration devra comprendre des représentant.e.s du 1er degré et des communes. Pour les conseils pédagogiques, ils réuniront aussi les professeur.e.s des écoles mais par niveau et non par école.
Par ailleurs, des économies seront faites au passage au moment des transfert de prime et décharge jusque là attribuées aux directeurs.rices des petites écoles vers le/la directeur.rice adjoint.e. Cependant, le travail à accomplir dans les écoles restera le même pendant que le/la directeur.rice sera dans un bureau au collège où seront centralisées les décisions.

Une logique comptable et des suppressions de postes

L’intérêt pour le ministre de l’éducation nationale de la création des EPSF est aussi budgétaire. Ce dispositif permettra une diminution de postes d’enseignant.e.s du primaire. En effet, lorsqu’on change d’échelle et que l’entité est plus importante (petites écoles vs gros établissements), on élève les seuils d’attribution des postes. Au niveau national, le profit escompté n’est pas mince puisque 46,6% des écoles primaires publiques comportent actuellement de deux à quatre classes, et les regrouper dans de grands établissements est donc bien tentant pour l’administration centrale.

Des écoles de riches et des écoles de pauvres...

Parallèlement à la création des EPSF, la loi Blanquer prévoit de créer des « Établissements Publics d’Enseignement International » (EPLEI). Des établissements inter-degrés qui dispenseront des enseignements en français et en langues vivantes étrangères afin de préparer certain.e.s élèves sélectionné.e.s à passer des diplômes internationaux. Pour suivre ces enseignements, il faudra justifier d’un bon niveau en langue (un marqueur social bien connu). La loi invite les recteurs à veiller à la mixité sociale dans ces établissements mais un amendement tendant à fixer des quotas de boursiers a été rejeté par la majorité.
On voit se dessiner une polarisation du système éducatif en créant des écoles d’élites pour riches, dispensant des cours en Langues vivantes étrangères, et des écoles pour les pauvres, superstructures déshumanisées centrées sur les Savoirs Fondamentaux.

Les EPSF et EPLEI sont définis dans l’article 6 de la loi Blanquer dite de « l’école de la confiance ». Cette loi articule l’autoritarisme du gouvernement et du Ministre de l’éducation nationale avec leur dogme néo-libéral. Elle façonne une école inégalitaire en créant une éducation à deux vitesses privilégiant les classes sociales favorisées et renforçant une vision utilitariste de l’école dans les quartiers populaires. La finalité de cette loi est de diminuer le coût de l’éducation et de soumettre l’école aux impératifs du marché du travail. SUD éducation combat cette de loi dans son ensemble et revendique une école égalitaire et émancipatrice débarrassée de la concurrence et des filières de sélection.

Contre les établissements des savoirs fondamentaux, nous revendiquons :
→ une école à taille humaine qui permette une organisation démocratique et horizontale.
→ une école qui permette de réfléchir et d’organiser l’accueil de tous les élèves et un enseignement de qualité pour TOUS !
→ une école avec des temps de concertations sur notre temps de travail et une formation continue choisie par les équipes enseignantes.


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